La manufacture Bohin

Je vous avais promis de vous parler de la fabrication des aiguilles Bohin; voilà, eh bien aujourd’hui je me lance –après avoir préparé ma rentrée, ce qui m’avait demandé de laisser quelque peu mon blog de côté pour m’investir à fond dans ma nouvelle classe 🙂  !  J’ai eu la chance de visiter la manufacture qui se trouve à Saint-Sulpice-sur-Risle dans l’Orne, cet été.

20180816_151700
manufacture bohin -own collection 2018
20180816_151707
manufacture bohin -own collection 2018

J’y ai pris de très nombreuses photos et il a fallu trier celles qui étaient intéressantes à vous montrer.

Concernant l’histoire elle-même de l’usine, vous avez ce dossier qui pourrait vous intéresser : l’histoire de l’usine Bohin

20180816_152459
manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Je voudrais seulement vous faire part de la fabrication des aiguilles à coudre.

Pour cela, il y a plusieurs étapes dont la première consiste à choisir le fil qui sera ensuite tortillé afin de le rendre droit.

20180816_153054
manufacture bohin -own collection 2018

Pour cela, le fil passe dans des dresseries rotatives, d’une part, pour le dresser, d’autre part pour le couper en tronçons d’une longueur équivalente à deux aiguilles.

 

20180816_153308
dresseuse rotative –manufacture bohin -own collection 2018

Ensuite, les deux extrémités du tronçon sont limées afin de créer les deux pointes ogivales aux deux aiguilles. C’est l’empointage.

20180816_153240.jpg
empointage -manufacture bohin -own collection 2018

Les étapes suivantes sont l’estampage (le centre du fil d’acier est écrasé à l’emplacement des deux futurs chas) et le perçage (le trou préparé par la matrice d’estampage est alors  débouché par un poinçon), faits par la même machine.

20180816_153435
étapes 5 et 6 –manufacture bohin -own collection 2018
20180816_153504
estampage et perçage du chas –manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Le tronçon est ensuite séparé en son milieu en deux aiguilles distinctes et le chas est débarrassé de la matière superflue (c’est l’ébavurage). Le tout est fait par la même machine (sauf pour les aiguilles trop longues pour lesquelles l’ébavurage est fait manuellement).

20180816_154024
ébavurage –manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Les aiguilles ainsi séparées, il faut les durcir pour leur donner leur utilité finale; car jusqu’à cette étape-ci, le tronçon de fil était mou afin de passer dans les différentes machines. Les aiguilles sont donc placées dans un four chauffé à 835° puis elles finissent leur parcours en tombant dans un bain d’huile froide. C’est la trempe. Les aiguilles étant dures et cassantes, il faut leur donner leur flexibilité en les passant dans un four chauffé à 180° cette fois, c’est le revenu. Les aiguilles deviennent alors dures et souples, mais elles sont pleine d’huile !

Les aiguilles sont alors placées dans un tonneau mis en rotation avec de la sciure, car la sciure absorbant les liquides, les aiguilles sèchent. C’est le sciurage.

20180816_154248
sciurage –manufacture bohin -own collection 2018

Maintenant qu’elles sont sèches, il faut les séparer de la sciure. C’est le vannage. Les aiguilles sont placées dans une machine qui aspire la sciure et laisse tomber les aiguilles propres, en vrac, dans un bac. Il faut dans les ranger. Elles sont alors installées sur un grand plateau en bois rainuré (qui existait déjà en 1833 selon la photo d’époque).

20180816_154318
étape du rangement –manufacture bohin -own collection 2018
20180816_154359 - Copie
photo du XIXe siècle–manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Le plateau est secoué délicatement et dans un sens particulier, ce qui permet aux aiguilles de se ranger superposées au bout du plateau.

20180816_154328
rangement sur plateau–manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Une fois les aiguilles rangées à l’aide du plateau, on les installe dans une toile enduite et on les recouvre d’huile et d’abrasif.

20180816_154407
polissage–manufacture bohin, own collection 2018

La toile enduite est ensuite cousue et placée sur un banc de polissage. Les aiguilles s’auto-polissent par un effet d’engrenage sous la pression des cylindres. C’est le polissage. Cette étape dure 3-4 jours.

20180816_155010
polissage –manufacture bohin, panneau explicatif,  own collection 2018

Une fois le polissage terminé, les aiguilles sont à nouveau nettoyées pour enlever toute trace d’huile.

Les aiguilles sont ensuite nickelées pour les protéger de l’oxydation, tout en les rendant brillantes et glissantes. C’est l’étape du nickelage. Elles sont ensuite nettoyées en passant dans de l’eau savonneuse, de l’eau chaude, de l’eau froide, puis séchées dans un séchoir, et de nouveau sciurées et vannées.

Les aiguilles doivent être à nouveau rangées dans le grand plateau de bois rainuré. Une fois au fond du plateau, la spatules courbée installera les aiguilles dans des pochettes à fond plat, appelées cases.

20180816_155146
mise en cases –manufacture bohin, own collection 2018

C’est la mise en cases; fin des étapes de fabrication du premier étage.

Les aiguilles sont alors apportées au deuxième étage, étage de triage et de conditionnement.

Suite à la coupe et à l’empointage, les aiguilles n’ont pas toutes la même longueur. Alors il faut les trier, c’est le tallage. « Les aiguilles se disposent elles-mêmes sur une roue crantée et à l’aide de taquets précisément calibrés pour chaque longueur d’aiguilles, elles sont redirigées dans des « mains en laiton » ne recevant qu’une même longueur ».

20180816_155621
tallage, machine datant de la fin du XIXe s. –manufacture bohin, own collection 2018
20180816_155654
tallage –manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Un second tri suit le tallage, c’est l’appérissage. Il s’agit cette fois de trier le sens : tous les chas du même côté. La machine à appérir trouve le centre de gravité de chaque aiguille et le côté le plus lourd entraîne la chute !

Ensuite, contrôles de qualité et conditionnement, c’est le piquage. Un piquage peut contenir plusieurs aiguilles identiques ou un assortiment d’aiguilles avec des numéros différents, les numéros correspondants au diamètre. Plus le numéro est grand, plus l’aiguille est fine.

20180816_160211
piquage –manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018
20180816_160221
piquage –manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

A la suite du piquage, il y a la mise en pochettes. La machine découpe le ruban, installe le cellophane, plie la pochette cartonnée et agrafe également !

20180816_160305
–manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018

Les pochettes sont conditionnées dans une boîte cartonnée et les aiguilles sont fin prêtes à arriver dans nos boutiques !

20180816_160321.jpg
–manufacture bohin, panneau explicatif, own collection 2018
20180816_160237
–manufacture bohin, own collection 2018

J’espère que cette longue aventure vous aura intéressé(e)s. J’espère également ne pas faire ombrage à la manufacture par toutes les photos que j’ai insérées dans cet article (auquel cas je les enlèverais); mon but premier étant de promouvoir cet endroit exceptionnel et de donner envie d’aller visiter ce lieu qui regroupe également un musée incroyable ainsi que l’exposition temporaire de patchworks sur Van Gogh dont je vous parlais dans un précédent article —exposition visible jusqu’au 4 novembre 2018.

Je finis mon très long article aujourd’hui par cette photo coup-de-coeur d’un dernier panneau…

20180816_160610.jpg
–manufacture bohin, own collection 2018

A bientôt ❤ !

 

 

Une réflexion sur “La manufacture Bohin

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s